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AIERI: Une histoire en quelque mots
ImageLes origines de l’AIERI sont contemporaines de celles de l’Unesco, dont, dès 1946, le « Comité sur les Besoins techniques dans les Communications de Masse » rédige un projet pour la création d’un « Institut International de la Presse et de l’Information » destiné à promouvoir la formation des journalistes et l’étude des problèmes de la presse dans le monde entier.

La Conférence de l’O.N.U sur la Liberté de l’Information, tenue en 1948 à Genève, a soutenu cette proposition. Le Conseil économique et social de l’ONU est alors chargé d’inviter les gouvernements et les organisations professionnelles, nationales et internationales, à examiner ensemble la possibilité d’une mise en oeuvre de cette proposition. Fernand Terrou, Jacques Kayser et Jacques Bourquin, futurs fondateurs de l’AIERI, ont activement participé à cette conférence de l’ONU ; ils adhèrent au projet de création d’un Institut International de la Presse et parallèlement jouent un rôle important dans la rédaction de l’Article 19 sur la Liberté de l’Information de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Fernand Terrou, alors directeur de l’Institut Français de Presse, était persuadé qu’une association internationale, susceptible «  de promouvoir dans le monde entier le développement de l’étude scientifique des problèmes relatifs aux principales sources d’information publiques (presse, cinéma, radio, tv, etc.) », devait être créée. Il considérait également que la mise en place de recherches scientifique sur les communications de masse n’était possible que dans le cadre d’échanges internationaux étendus. Un courant analogue se développait dans les centres académiques de formation de journalistes qui recherchaient aussi des coopérations internationales.

En 1952, la Conférence Générale de l’Unesco autorise le Directeur Général à avancer sur ce projet d’un « Institut International de la Presse et de l’Information » : deux lignes d’action sont développées. La première consiste en la création de centres d’enseignement pour les journalistes dont le premier sera fondé à Strasbourg en 1956. La seconde conduit à la fondation d’une organisation internationale spécifique, ayant pour but la promotion de la recherche scientifique dans le domaine de la presse et de l’information. En 1953, une liste de projets de recherches pertinents sur les communications de masse est établie par des spécialistes de l’Unesco, ce qui conduit à la publication, en 1955, d’un rapport intitulé « Current Mass Communication Research ». En novembre 1956, la Conférence générale de l’Unesco autorise le Directeur Général à « promouvoir la coordination des activités des instituts de recherche nationaux en matière de communication de masse, notamment, en encourageant la création d’une association internationale des instituts de ce genre ». Le mois suivant, en décembre 1956, se tient à Strasbourg une première conférence internationale : un comité scientifique y est constitué avec pour mission de réfléchir à la création effective de cette association internationale. Ce comité rassemble entre autres, Fernand Terrou pour la France, Mieczyslaw Kafel pour la Pologne, Marcel Stijns pour la Belgique et David Manning White pour les Etats-Unis.

La première assemblée constitutive de l’AIERI – Association Internationale des Etudes et Recherches sur l’Information - issue des travaux de ce comité, se tient les 18 et 19 décembre 1957 au siège de l’Unesco à Paris. Fernand Terrou est élu président avec Jacques Kaiser (France), Jacques Bourquin (Suisse) et Raymond Nixon (Etats-Unis) comme vice-présidents. Les autres membres élus du bureau permanent sont : Claude Bellanger (France), Mieczyslav Kafel (Pologne) et Marcel Stijns (Belgique). L’objectif essentiel proclamé de l’AIERI est la mise en place de méthodes et d’institutions permettant d’ériger les communications de masse en champ scientifique autonome. Des échanges réguliers entre instituts de recherche et entre chercheurs doivent précisément permettre d’y parvenir. En ces années d’installation de la Guerre Froide et du durcissement idéologique entre les grands blocs géopolitiques, il est particulièrement remarquable qu’aient pu ainsi se réunir dans une instance commune des Européens de l’Est et de l’Ouest, des Nord-américains, mais également des intellectuels des pays en voie de développement comme Danton Jobim, du Brésil. Hifzi Topuz, alors jeune journaliste turc au bureau d’Information de l’UNESCO, a assisté à cette conférence constitutive (voir sa contribution sur ce site « Je me rappelle…).

La première Assemblée générale de l’AIERI ainsi constituée se déroule en octobre 1959 à Milan ; Raymond B. Nixon (Etats-Unis) y est élu président, en remplacement de Fernand Terrou. Les initiateurs de l’AIERI, furent majoritairement européens et issus plutôt du domaine du journalisme (recherche ou enseignement). Mais très rapidement, l’inscription dans le champ des communications de masse de chercheurs de diverses disciplines et l’élargissement de la représentation géographique de l’AIERI deviennent des priorités. C’est ainsi que, entre 1959 à 1979, l’Association est passée de 100 membres représentant 30 pays à 1 000 membres représentant 60 pays. Cette croissance s’est poursuivie au cours des années 90 et l’AIERI compte aujourd’hui plus de 2 000 membres individuels et institutionnels, représentant plus de 80 pays.

La mise en place de sections regroupant les chercheurs par grands domaines démarre dès 1958 avec la mise en place de la section « Recherches historiques », suivie en 1959 de la création de trois autres sections : « Recherches juridiques et politiques », «Recherches psychologiques et sociales » et « Recherches économiques et techniques », marquant ainsi le caractère pluridisciplinaire des recherches sur les communications de masse et l’information. Depuis lors l’AIERI a régulièrement élargi ses approches scientifiques et elle compte aujourd’hui 15 sections et 15 groupes de travail.

Durant ses 50 premières années d’existence, l’Association a organisé des conférences scientifiques biennales entre lesquelles s’intercalent des conférences régionales, plus modestes. Comme le montre la liste ci-dessous, l’AIERI a choisi d’organiser ses conférences dans diverses zones géographiques, contribuant ainsi à consolider sa dimension internationale.
Par les thèmes développés lors de ces rencontres, l’Association a contribué à promouvoir la protection internationale des journalistes, le droit de l’information et de la communication, la liberté de la recherche, le soutien à la construction de politiques de la communication au service du développement démocratique ainsi que le développement des institutions et des infrastructures dans les pays en développement. Elle accompagne aujourd’hui les débats sur les grandes évolutions de l’information face à la globalisation et aux transformations des médias ainsi que les réflexions sur le développement de la Société de l’Information.
L’Association a donc bien fonctionné sur les principes posés par les fondateurs en devenant un véritable forum mondial ouvert, permettant les rencontres entre chercheurs en communication, information et médias. Elle a favorisé la constitution d’une vaste communauté internationale de chercheurs, ouverte également à des praticiens et à des décideurs. Sa présence et ses contributions aux Sommets mondiaux pour la Société d’information (SMSI) de 2003 à Genève et de 2005 à unis en sont aussi une illustration.

AIERI 1957-2007
Les conférences générales et les Présidents successifs :

1957 : Paris (France) ; Président : Fernand Terrou (France)
1959 : Milan (Italie) ; Président : Raymond B. Nixon (U.S.A)
1961 : Vevey (Suisse)
1964 : Vienne (Autriche) ; Président : Jacques Bourquin (Suisse)
1966 : Président : Herceg Novi (Yougoslavie)
1968 : Pampelune (Espagne)
1970 : Constance (République Fédérale d’Allemagne)
1972 : Buenos Aires (Argentine) ; Président : James D. Halloran (Royaume Uni)
1974 : Leipzig (République Démocratique Allemande)
1976 : Leicester (Angleterre)
1978 : Varsovie (Pologne)
1980 : Caracas (Venezuela)
1982 : Paris (France)
1984 : Prague (Tchécoslovaquie)
1986 : New Delhi (Inde)
1988 : Barcelone (Espagne) ; Président : Cees Hamelink (Pays-Bas)
1990 : Bled (Yougoslavie)
1992 : Guaruja (Brésil) ; Président : Hamid Mowlana (U.S.A)
1994 : Séoul (Corée du Sud)
1996 : Sydney (Australie) ; Président : Manuel Pares i Maicas (Espagne)
1998 : Glasgow (Écosse)
2000 : Singapore, Frank Morgan (Australie)
2002 : Barcelone (Espagne)
2004 : Porto Alegre (Brésil) ; Président : Robin Mansell (Grand-Bretagne)
2006 : Le Caire (Egypte)
2007 : Paris : Conférence du 50e anniversaire.

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Réception de l’AIERI à Prague, 1984. De gauche à droite (au 1er rang) : Robin Cheesman (Chef de Section, Danemark), Kaarle Nordenstreng (Vice Président, Finlande), Cees Hamelink (Vice Président, Pays Bas) et Peggy Gray (Assistante du Président Halloran, GB).